Elle est trop belle pour rater sa vie

Crédit Photo : Google image

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J’ai en aversion les personnes qui émettent un jugement sans au préalable demander « le pourquoi du comment ». En effet, je pense que avant de mettre l’anathème sur un individu, il faut avoir eu son vécu et voir si l’on n’aurait pas réagi pareillement. Cela me rappelle mon article sur l’homme qui a arrêté de rêver. Avec le recul, je pense l’avoir jugé trop vite. Prendre un engagement en lui disant que j’allais le changer était une gageure. C’est un défi que j’ai finalement perdu, mais dont je sors quand même gagnant. Ceci a donné à mon esprit de nouvelles ouvertures, dont je ne suis que reconnaissant. Je n’avais pas essayé de comprendre cet homme, je l’ai jugé sans le connaitre. L’on ne m’y reprendra plus. Comprenez donc mon indignation quand je vois des gens blâmer les autres sans chercher le cœur du problème qui les pousse à de tels actes.

Il y a dans mon quartier cette jeune fille assez jolie qui fait commerce de son corps pour payer ses études et subvenir à ses différents besoins. Elle n’a que 19 ans mais prend en charge toute sa personne tant sur le plan éducatif que financier. Elle trimbale sa bosse des plus moches berlines aux plus luxueuses 4×4. Une voiture différente l’attend chaque soir, pour l’emmener vers un monde où le plaisir charnel se troc contre une somme d’argent. Elle rentre souvent peu après minuit mais reste quelques fois dormir là-bas si l’heure est trop avancée pour ne rentrer qu’à 5h du matin. Sa mère l’attend souvent dans la nuit. Quand elle franchi le seuil de sa maison en quête d’un peu de répit, celle-ci l’interpelle « Ma fille, tu n’as rien pour moi ? »

Orpheline de père, elle affronte seule son fardeau quotidien. Sa mère ne l’aide en rien. La seule chose qu’elle lui offre c’est un toit. Pour donc se nourrir, se vêtir, se soigner elle ne fréquente que des hommes qui ont un certain niveau de vie. Elle épouse le dicton « l’on ne peut pas vivre d’amour et d’eau fraîche ».

Les mauvaises langues du quartier ont tôt fait de la traiter de tous les noms. Mes compères se plaisent à fantasmer et à médire sur elle. « Fille matérialiste, pute, salope, putain, achao, Gbolo » c’est ainsi qu’ils la qualifient.

J’ai de l’admiration pour sa force de caractère. Elle veut aller loin. Elle s’en donne les moyens. Elle n’attend rien de personne. Elle sait ce qu’elle veut. « Je suis différente, je suis unique… et je l’assume ! » m’a-t-elle dit.

Elle ne serait pas dans une telle situation si sa mère prenait ses responsabilités. La réalité est telle qu’elle est. Soyons pragmatique !

Au lieu de juger, tentons de comprendre pour mieux accepter.

Ma parole est tombée !

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8 Commentaires

  1. N’admettre aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle disait René Descartes.

    Quand on sait qu’on n’a pas les moyens de s’en occuper, il est préférable de ne pas en faire (enfants) disait un de mes enseignants il y a tout juste deux semaines. Nul ne doit déroger à ses responsabilités. C’est aux parents de veiller sur leurs enfants et de prendre soin d’eux pas le contraire.

    Son courage est certes admirable mais je doute qu’elle ait choisi la meilleure solution. Anyway, qui suis-je pour la juger ?

    Des cas qui devraient nous (parents ou futurs parents) interpeler à plus d’un titre…

    Aimé par 4 people

  2. Le monde qui nous entoure est un mystère et tout est mystère. À chaque fois que nous ne prenons pas le temps de comprendre quelque chose avant de l’oindre d’injures, nous fesons une erreur.
    Mais dire qu’une personne vend son corps pour subvenir à ses besoins dans une situation donnée et dans n’importe laquelle d’ailleur serait de cautionner le mal. Demandons nous au moins s’il n’y a aucune autre solution à part la prostitution. Ne peut elle pas faire une autre chose à par cela? Je deteste particulièrement qu’on dise qu’une personne « se prostitue pour gagner sa vie ». Ces mots me mettent mal à l’aise juste parce qu’elle à la possibilité de faire autre chose. Certes faire autre chose peut faire mal mais elle ne mourra pas. Mais aussi puisqu’elle avoir trouvé un moyen pas très coûteux, persone n’a le droit de juger cette decision.
    Et j’accuse l’irresponsabilité certains parents qui ne doivent même pas être appelé « parents ».
    Merci quand même d’avoir apprecié son courage mais moi je dis: peut mieux faire.

    Aimé par 1 personne

    1. Je ne cautionne aucunement le chemin qu’elle a choisi. J’applaudis juste son courage et sa force de caractère. Beaucoup se morfondraient et auraient abandonné leurs études (Manque d’argent oblige). Elle n’a fait rien de tout cela. Elle se paye à elle-même une scolarité de 520 000 FCFA.

      Ce qui me séduit le plus dans toute cette histoire, c’est que contrairement aux femmes qui font la même chose, elle ne verse pas dans la gabegie financière. Elle n’achète rien qui ne lui soit vraiment nécessaire.

      Si je pouvais, je la sortirais de cette situation par des actes concrets. Mes conseils ne suffisent pas, je trouve.

      Aimé par 3 people

  3. Bravo l’archer! Beaucoup se défilent en arguant qu’on ne peut pas sauver tous les malheureux de la terre mais en sauver un au moins dans sa vie, l’aider à trouver une issue, une épaule…ce serait déjà ça!

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    1. Nous ne pouvons supporter toute la misère du monde; disent-ils.

      Merci Pat, heureux de te voir ici.

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  4. Comme toujours, j’adore le style! En ce qui me concerne, je suis du même avis (même s’il n’est pas demandé et importe peu d’ailleurs), que John Zidah. Bien sûr nous n’avons pas le droit de juger ce que font les autres mais nous avons des valeurs morales qui nous autorisent parfois à apprécier tel ou tel comportement d’autrui même si nous ne sommes pas sans reproche.
    Selon moi, il est trop facile d’arguer le manque de soutiens ou de moyens, pour justifier sa prostitution. Comme l’a dit John, j’estime qu’il y a d’autres moyens plus sains et plus honorables de chercher de l’argent pour subvenir à ses besoins. Il y a des orphelins qui n’avaient ni abri mais qui ont réussi en se débrouillant soit par de petits boulots, soit par de petits commerces.
    Je discutais la fois passée sur internet avec une jeune fille (il faut préciser que c’est elle qui m’a contacté 🙂 ), 20 ans, qui au détour de la discussion me propose ses services sexuels tarifés. Surpris, je lui demande pourquoi doit elle se livrer à ce commerce? Elle me répond qu’elle n’a pas de moyens pour se prendre en charge c’est pourquoi elle est obliger de se livrer à la prostitution pour survivre. Je lui ai répondu qu’il y a plusieurs autres manières de gagner de l’argent. Elle m’a dit de laisser tomber et a mis aussitôt fin à la discussion. J’ai senti un certain gêne chez elle, qui selon moi peut se traduire par sa conscience de pouvoir s’en sortir autrement.
    Après tout et quoi qu’on puisse en penser ou en dire, chacun fait ce qu’il veut de sa vie et n’a de compte à rendre à personne!!!

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    1. « Chacun sa vérité sur la vie car nos expériences sont diverses. »

      Merci Eli. Heureux de te voir ici.

      Aimé par 2 people

  5. Intéressant

    ça donne matière à réfléchir. D’autant qu’en général, ceux qui médisent de la donzelle le font juste par dépit, incapacité matérielle de se la procurer. Enfin, c’est encore autre chose.

    Aimé par 1 personne

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